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Prêtres pédophiles

Un document confidentiel du Vatican datant de 1962




Un document confidentiel du Vatican datant de 1962, qui recommandait de garder le secret dans les cas de prêtres pédophiles ou auteurs d'agressions sexuelles, vient d'être découvert par la chaîne de télévision américaine CBS.

Ce document servait de référence dans l'église catholique aux États-Unis et ailleurs jusqu'à la rédaction, l'an dernier, d'un nouveau texte utilisé par l’épiscopat catholique. Pour sa part, le Vatican affirme aujourd'hui que ce texte «doit être considéré comme périmé.»

Pendant des décennies, des prêtres ont abusé d’enfants se sachant couverts (si on ose le terme) par leurs supérieurs lesquels prétendaient agir au nom du Vatican c’est-à-dire du descendant de Pierre.

Le document que CBS a découvert a été maintenu secret pendant des décennies. Il présente la « ligne officielle » de l’Église en matière d’abus sexuels pratiqués par des prêtres. Le document en question a été écrit en 1962 par le Cardinal Alfredo Ottaviani. Des « affaires » commençaient à sortir alors et il fallait à tout prix préserver l’image de l’Église fut-ce au détriment d’enfants violés par milliers (voir L’investigateur sur l’épiscopat de Boston)

Le document appartient aux archives secrètes du Vatican, à l’Enfer dirions-nous en termes bibliophiles. Le viol est élégamment désigné comme le "plus mauvais crime". On ne saurait mieux dire.

Des évêques sont chargés de poursuivre de tels cas "de la manière la plus réservée… retenue par un silence perpétuel… et chacun {victime comprise) doit observer le secret le plus strict, qui est généralement considéré comme un secret du bureau saint… sous peine de l'excommunication." Il faut le faire. Le gamin ou la gamine qui parlait n’appartenait plus à la communauté de Dieu. Remarquez : ça valait peut-être mieux pour lui. En Sicile on appelle ça l’omertà. Dans le langage juridique français : « étudier un cas avec circonspection ».


Larry Drivon, un avocat qui représente les victimes a jugé, "ce document significatif et générateur d’amertume." Le document démontre, selon lui, la véracité des propos tenus par les victimes. C’est une forme de racket moral.

" C'est un manuel d'instruction sur la façon de tromper et de protéger des pédophiles."

La conférence épiscopale des États-Unis a indiqué que le document est pris hors de son contexte (sic !), et qu’il ne traite que des crimes et des péchés religieux. Salaud et faux-cul avec ça. Le secret serait censé protéger le fidèle du scandale. Et que vive la vérité dans sa robe de mensonge.

"L’idée selon laquelle ce serait un modèle pour préserver le secret est simplement erronée," a dit Mgr. Francis Maniscalco, porte-parole pour la conférence, sans craindre de se contredire.

" Le document est issu d’une loi qui se suffit à elle-même mais n’indique en aucune manière aux évêques comment dissimuler ces crimes quand ils sont considérés comme des crimes civils," a insisté Maniscalco. Il n’empêche que c’est ainsi que cela a été interprété par les évêques quand ils n’étaient pas des violeurs eux-mêmes et que le résultat a été d’empêcher la justice civile d’œuvrer.

Mais Richard Sipe, un ancien prêtre qui a écrit au sujet de l'abus sexuel et du secret de ces crimes dans l'église, a expliqué que le document avait vocation d’inciter au secret et au silence.

"C'est la façon dont vous devez traiter les abus sexuels commis par des prêtres. Vous devez garder le secret à tout prix. Et c'est ce qui s’est produit. Et cela s’est produit dans chaque diocèse de ce pays."

Rappelons que le Vatican vient une fois encore de condamner les couples homosexuels et n’a toujours pas levé son interdiction d’utiliser les préservatifs notamment dans les pays touchés par le SIDA. À croire qu’« il » ne pense qu’à ça.

 

 

 

 


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