L'Eglise
et le génocide au
Rwanda : plus que complice ?
«
Le Rwanda-Urundi constitue la région où l'évangélisation
est la plus
avancée. Les chefs sont en majorité catholiques,
le clergé local
abondant, surtout au Rwanda. L'ensemble nous offre le joyau de
l'Afrique. »
(Histoire universelle des missions catholiques, t.4, Grund, Paris,
1958, page 167).
Les images de ce génocide sont encore fortement gravée
dans les mémoires de chacun. Il avait débuté le
6 avril 1994, et conduit en 100 jours à l'extermination
brutale de 800 000 personnes au minimum, l'ensemble d'entre elles
appartenant essentiellement à l'ethnie Tutsi. Un massacre
horrible qui eut lieu dans l'indifférence quasi totale de
pratiquement tous les responsables de la communauté internationale
!
Il est fort intéressant de noter que la première
liste officielle des présumés génocidaires égrenait
quelques deux mille personnes toutes responsables du crime de génocide,
or parmi celles-ci figuraient onze ecclésiastiques de l'Eglise
Catholique. Voici, et leurs noms, et leurs fonctions :
-Rwamayanja, prêtre, de Ndusu, Janja
-Munyeshyaka Wenceslas, abbé
-Gakuba, curé de la paroisse Ndera, Gikomero
-Hitayezu Marcel, prêtre de la paroisse Mubuga, Gishyita
-Maindron Gabriel (alias Muderere), abbé, curé de
la paroisse de Kongo-nil, Rutsiro
-Ntamugabumwe Jean, prêtre, directeur de l'école secondaire
de Murunda, Rutsiro (ami personnel de l'abbé Maindron)
-Seromba Athanase, curé de Nyange, Kivumu (fils spirituel
de l'abbé Maindron)
-Twagirayesu Urbain, prêtre de la paroisse de Kongo-nil,
Rutsiro Bellomi Isaco Carlo, prêtre, Rusumo -Rusingizandekwe
Thaddée, abbé, prêtre, Kibeho Harmisidasi,
abbé, prêtre, directeur d'école, Nyabisindu,
Nyanza !
Autre point fort important à remarquer, c'est que parmi
ces onze personnes il y a deux missionnaires européens,
ce sont : l'abbé Maindron Gabriel (de France) et le prêtre
Bellomi Carlo (d'Italie) !
L'affaire du génocide au Rwanda est clairement à rattacher à toute
une idéologie extrémiste catholique qui s'est installée
en un laps de temps d'au moins 30 ans. La façon dont s'est
opérée cette mise en place mérite maintenant
d'être sérieusement remise en question.
Dans le compte rendu analytique du 16 mai 1997 sur les
auditions de la commission d'enquête parlementaire belge concernant
le dossier Rwandais, au sénat, on peut lire des choses bougrement
intéressantes et, entre autres, des témoignages mettant
en cause directement l'Eglise catholique et ses filières.
On y traite, par ex., de l'abbé Rukundo Emmanuel, pour
lequel de nombreux témoignages concordants démontrent
l'évidence de ses responsabilités dans le génocide.
Cet abbé aurait ultérieurement pu profiter, pour
fuir le Rwanda, des services de "Caritas Catholica" la
filière vati-cane par excellence.
Ce prêtre, avec du sang plein les mains, s'est alors retrouver
sain et sauf au Vatican, où, dorénavant, il passera
tranquillement son temps à étudier... le droit canon,
les règles de droit vati-canes... ça peut toujours
servir... à lui d'abord sans doute !
Mais "Caritas Catholica" n'est sûrement pas la
seule filière dont dispose le Vatican, les réseaux
de "Caritas International", ceux de "l'Internationale
Démocrate-Chrétienne" - qui aurait, dit-on,
des liens étroits avec l'Opus Dei - auraient, pour leur
part, permis à une cinquantaine de prêtres Rwandais
génocidaires de fuir vers l'Europe et le Canada.
Ainsi d'un père blanc, Johan Pristil, c'était un
fervent supporter du Hutu-power, de l'extrémisme Hutu -
les Hutus sont presque tous catholiques au Rwanda - il lui fut
donné à un certain moment d'être désigné pour
participer à la création d'une radio au Rwanda, une
fois cette radio mise en ondes, il y anima des séances où il
traduisit en Kinyarwanda... rien moins que le "Mein Kampf
de Hitler, afin d'inciter à la haine, non pas envers les
juifs cette fois-ci, mais envers les Tutsis ! Les fonds pour la
création de cette radio aurait été donnés
par la démocratie chrétienne allemande !
Selon ce compte rendu analytique ainsi que les documents
et les témoignages recueillis, nombreuses seraient les ONG catholiques
qui auraient financé l'armement des milices hutues au Zaïre
[l'actuelle R.D.C], dans les camps de réfugiés !
Il y a même des témoignages affirmant que des prêtres
catholiques auraient, durant le génocide, mis des habits
militaires pour participer activement à cette odieuse besogne
!
Certaines "bonnes sœurs" ("bonnes"...
vraiment ?), ont été jugées, par des tribunaux
belges, coupables d'avoir livré aux milices Hutus géno-cidaires
des personnes de l'ethnie Tutsi qui étaient venus prendre
refuge chez elles... au sein même de leurs couvents respectifs
; il s'agît, notamment, de Consolata Mukangango (sœur
Gertrude), et de Julienne Mikabutera (sœur Maria Kisito)
Mais comment est-ce possible des horreurs pareilles ?
Comment l'Eglise peut-elle être impliquée à un tel
niveau dans un génocide d'une telle envergure ?
Pour bien saisir comment une telle folie meurtrière peut
arriver à se produire, jetons un coup d'œil sur l'histoire
du Rwanda. En pleine campagne de colonisation (donc aussi de son
corollaire constant : la campagne d'évangélisation),
vers 1890, les premiers missionnaires catholiques (chrétiens)
ont dû faire face à une grande résistance de
la part des rois (Mwamis) Tutsis ; ceux-ci n'avaient pas du tout
l'intention de se laisser "convertir".
Ainsi, dans tout le pays, ce n'est que chez les Hutus
que les missionnaires trouvèrent des "âmes" à convertir.
Puis, en 1922, Le Rwanda et le Burundi tombèrent officiellement
sous Administration de la Belgique. Plus tard, la Belgique va serrer
la main à une aristocratie Tutsi, celle qui était
opposée au Roi Tutsi (le Mwami), et elle destitue, en quelque
sorte, les chefs Hutus. Donc, dit autrement, les belges poignardent
dans le dos leurs alliés de la première heure, les
bons Hutus convertis, et ils prennent comme alliés les membres
de l'aristocratie Tutsis qui sont en opposition avec leur propre
Roi.
On peut dire qu'il s'agit là du choix d'une nouvelle stratégie
politique : une fois tous les Hutus convertis à leur Religion,
les belges se mettent dans le camp de l'autre ethnie, ils privilégient
les Tutsis et défavorisent les Hutus... de toutes façons,
ceux-là étaient déjà convertis alors...
Du coup ce sont les Tutsis qui commencent à affluer dans
les Eglises et les Ecoles catholiques.
Un peu plus tard, en 1931 exactement, l'Eglise va obtenir
de ses partenaires, les autorités belges bien sûr, la destitution
du Roi Tutsi Musinga, accusé par elle de s'opposer à la
Christianisation de son peuple. Et bien évidemment le colonisateur
et l'Eglise se sont arrangés pour que succède à ce
roi un africain "traître", une marionnette à eux,
docile à souhait.
Ainsi, en 1946, le successeur de Musinga fut Mutara III,
lequel s'empressa de consacrer officiellement le Rwanda au "Christ-Roi"... ô un
heureux hasard simplement... ! Le Vatican jurerait volontiers qu'il
n'y est pour rien, que c'est une décision du roi "très
croyant" Mutara III... ben voyons... il ne nous reste qu'à être
assez naïfs pour le croire !
En fait, à ce moment là, c'était l'idéal
pour l'Eglise et aussi pour la Belgique, les deux mains sur un
autre gros ventre, celui d'Albert 1er cette fois ! Le simple peuple
Hutus était converti au christianisme, et il y avait une
trinité fantastique : Le trône du roi Tutsi consacré au
Christ-Roi, l'Eglise, et l'aristocratie Tutsi ! Comme on dirait
maintenant, quand tout va si bien : "que veut le peuple ? " Mais à cette époque
là, que le peuple eut une volonté à exprimer
c'eut été vraiment incongru !
Mais, comme partout en Afrique, au milieu des années cinquante,
voire fin de ces années cinquante, un vent de réclamation
d'indépendance commença cependant à souffler
chez les Tutsis. Et l'Eglise, avec, bien évidemment, quelque
part dans le décor comme toujours sa comparse la Belgique,
l'Eglise donc va à nouveau ajuster sa stratégie politique,
toujours dans le sens de ses intérêts comme d'habitude
: elle va à nouveau rompre une alliance pour en créer
une autre qu'elle estime plus avantageuse pour elle.
Les Tutsis "indépendantistes" sont largués
et traités de "communistes", et donc de gens "athées",
des "mauvais fidèles" quoi ! Et les Hutus sont à nouveau
les chéris privilégiés. Cette attitude, toujours
délibérément agressive à l'égard
de l'une ou l'autre de ces deux ethnies - qui pourtant jusqu'alors,
cohabitaient depuis des siècles sans aucune animosité,
se mariant entre eux, vivants en bons voisins - cette attitude
des pouvoirs religieux, comme politiques, créera dès
lors dans la société Rwandaise, une division de fait
qui n'ira qu'en s'approfondissant jusqu'à devenir une division
raciale totale.
En 1957, les milieux Hutus proches du vicariat apostolique
Rwandais rédigèrent un manifeste. Ce manifeste et certaines
lettres des vicaires apostoliques blancs au Rwanda, conduisirent
les Tutsis à rompre complètement avec l'Eglise, et
les Tutsis se plongèrent alors dans un anticolonialisme
et un nationalisme ardent, et ils commencèrent à exiger à haute
voix la fin de la tutelle belge sur leur pays.
Dès lors, le scénario coécrit par l'Eglise
et la Belgique était clair : s'allier aux Hutus en les privilégiant à tous
les niveaux, pour faire front aux Tutsis devenus anti-cléricaux
et hostiles aux colonisateurs. Ce ne fut pas difficile pour la
Belgique, à ce moment-là, de faire front commun avec
l'Eglise, car la majorité politique Belge au pouvoir en
ces années-là était constituée par
les Partis Chrétiens et au Sénat leur majorité était
absolue ! Ainsi, pendant 30 ans l'Eglise et la Belgique vont soutenir
le pouvoir Hutu au Rwanda, et leur Président, Juvénal
Habyarimana.
D'ailleurs, on peut aisément et très bien comprendre
la grande amitié d'alors entre le très catholique
Baudouin, roi des belges, et le très catholique Juvénal
Habyarimana, Président des Rwandais.
En conséquence, la très bonne question à se
poser sur cette période, c'est la suivante : « de
quels appuis, de quels liens le Président Juvénal
Habyarimana, a-t-il pu jouir durant toutes ces années, jusqu'au
moment précédant tout juste le début du génocide,
moment où il trouva la mort dans son avion qui fut abattu
en plein vol ? ».
Réponse : ces appuis et liens il les trouva au sein du
Catholicisme et aussi du Renouveau Charismatique pour lequel le
roi Baudoin avait, lui aussi, plus que de la sympathie. Certaines
sources parlent même de 'l'Opus Dei", dans lequel Habyarimana
aurait occupé un poste assez élevé ! D'autres
témoins vont jusqu'à évoquer une grande amitié entre
lui et le Pape Jean-Paul II.
En résumé, pour suivre le chemin de ses divers soutiens
il faut partir du Palais royal belge, passer par les partis politiques
chrétiens de Belgique (et surtout les flamands), trouver
le Bureau (secret) de 'l'Opus Dei" et aller enfin, éventuellement,
jusqu'aux appartements du Pape, au Vatican !
On se rend compte que ce Président Hutu Habyarimana et
son entourage baignaient dans un bain de catholicisme intégriste,
extrémiste, cherchant à rechristianiser le monde
en employant comme moyen privilégié, la pénétration
de tous les rouages de tous les pouvoirs possibles (politique, économique,
culturel... et religieux).
Si l'on parle de "l'Opus Dei", il y a beaucoup d'indices
qui amènent à penser que Mr. Léon Mugesera
- c'est la personne qui prononça le 22 novembre 1992 un
discours considéré comme le discours "ambassadeur" de
la pensée génocidaire au Rwanda - était membre
de l'Opus Dei. C'est ce même Léon Musugera qui introduisit
en 1977-1978 les groupes de prières au sein de l'université de
Butare au Rwanda !
" L'Opus Dei" (l'Œuvre de Dieu, en latin) mène
depuis sa création une véritable croisade. Elle fut
fondée par Mgr. Escriva de Balaguer, pendant la guerre civile
espagnole, et elle est purement et simplement une confrérie
catholique secrète créée pour combattre le
communisme "athée", les anarchistes et tous autres
opposants à l'Eglise. Elle s'appuie sur tous les réseaux
religieux fascistes et après la deuxième guerre mondiale,
elle s'est installée à Rome. Elle a exfiltré les
criminels nazis les plus voyants vers l'Amérique latine
et participé à l'instauration de diverses dictatures
catholiques (on peut aisément dire que la dictature Hutu
de Juvénal Habyarimana au Rwanda était une dictature
catholique).
En Europe "l'Opus Dei" infiltre tous les rouages économiques
et politiques de pouvoir (un ex. : en Espagne, parmi les ministres
du gouvernement de Franco, on a compté une fois, jusqu'à 17
ministres membres de "l'Opus Dei"). Différentes
sources disent que c'est, entre autres, elle qui pousse de nos
jours à une guerre de civilisations contre l'Islam.
Mgr. Escriva de Balaguer fut le directeur de conscience,
et de Franco, et de Pinochet, ces deux dictateurs catholiques
sanguinaires,
ce qui n'a pas empêché le Pape Jean-Paul II de le
canoniser le 6 octobre 2002 !
Preuve supplémentaire, sans nul doute, de la totale approbation
du "Saint Père" pour l'action de ce triste sire,
pour "fabriquer" ainsi un "Saint", l'Eglise
instruit à chaque fois un "procès en canonisation" -lequel
dure parfois des siècles - celui de Mgr. de Balaguer est à mettre
au "Livre des Records", il aura été le
plus rapide de tous les temps, aucune canonisation, depuis 2000
ans que l'Eglise existe, n'avait encore jamais été prononcée
si peu de temps après la mort de la personne concernée.
Mais revenons en Afrique : en fait, avec l'aide de marionnettes,
de "traîtres" noirs, de "colonisés" noirs,
de "chrétiens catholiques" noirs, tel que Habyarimana,
le colonisateur et l'Eglise avaient réussi à faire
du Rwanda un pays catholique qui soit, à leurs yeux un modèle,
non seulement pour l'Afrique elle-même, mais pour le monde
entier, c'est à dire : un pays pieux, travailleur, paysan,
vertueux, humble, de morale et bonnes mœurs, et presque à 100
% Catholique ! Et, avec Juvénal Habyarimana comme grand
représentant de Dieu au Rwanda c'était parfait !
La mort de Habyarimana et les menaces du Front Patriotique
Rwandais Tutsi vont être l'occasion pour les Hutus de déclencher
ce génocide des Tutsis. Le rôle de l'Eglise dans ce
génocide s'éclaire plus nettement encore par les "bons
offices" qu'elle a apporté aux génocidaires
en les exfiltrant au moyen de ses propres filières, une
fois leurs actes barbares accomplis.
D'ailleurs, bon nombre de génocidaires notoires sont aujourd'hui
encore protégés, hébergés, nourris
par l'Eglise, et ne sont ni poursuivis ni jugés, car il
est évident pour tout le monde - des indices sérieux
l'attestent - que certaines personnalités belges proches
de l'ancien régime du Président Habyarimana, proches
aussi du Mouvement Catholique Charismatique et de "l'Opus
Dei" utilisent leurs pouvoirs et leurs relations pour empêcher
que la justice fasse son travail normalement et surtout proprement.
On peut ainsi citer comme exemples de génocidaires notoires
cachés et protégés dans des couvents, des
monastères, etc., l'abbé Wenceslas à Evreux
(en France) l'abbé Gabriel Maindron à Fontenay-le-Comte
(également en France), l'abbé Martin Kabakira à Luchon,
(toujours en France), l'abbé Emmanuel Rekundo à Genève
(en Suisse), l'abbé Athaknase Serumbo à Florence
(en Italie) et l'abbé Daniel Nahimana (en Italie aussi).
Dans le passé déjà, l'Eglise Catholique avait
démontré qu'elle pouvait aisément s'organiser
ainsi. Ce n'était pas un coup d'essai pour elle la création
de réseaux permettant à des responsables de crimes
contre l'humanité de fuir et se mettre à l'abri des
poursuites. Bien évidemment il fallait à chaque fois
que ces individus soient obligatoirement catholiques et anticommunistes,
et qu'ils aient servi avec dévouement la cause de Rome.
On peut ainsi citer le réseau de Ratlines, qui avait permis à des
individus comme Ante Pavelic et Joseph Mengele de trouver refuge
en Amérique Latine. Le dirigeant de ce réseau fut
le père Draganovic, un croate, ami personnel du cardinal
Montini, le futur Paul VI.
On peut peut-être ici parler de "nazis noirs colonisés",
ayant très bien fait leur boulot pour le compte de leurs
grands patrons à Rome ! L'Eglise n'a pas fait de l'évangélisation
au Rwanda, elle y a fait de l'endoctrinement, du conditionnement.
Et, elle ne l'a pas fait qu'au Rwanda, elle a fait de l'endoctrinement
partout en Afrique, car évangéliser c'est apporter
la bonne nouvelle, quelle bonne nouvelle a-t-elle amenée
? Aucune, bien au contraire!
Informé de tout cela, comment un Rwandais, un Burundais
peut-il encore de nos jours être catholique, qu'ils soit
Hutu ou Tutsi ? Je ne comprends pas ! Cela me dépasse complètement.
Comment un africain peut-il, connaissant tout ça, être
encore catholique de nos jours ? Cela me dépasse au point
que je suis rempli de pitié, de compassion, de pardon envers
ces africains catholiques, chrétiens, qui sont inconscients
du mal qu'ils font à l'Afrique en continuant à embrasser
la Religion du colonisateur, manipulateur, usurpateur, agresseur,
comploteur, tueur. Cela me dépasse tellement !
Au Rwanda, l'Occident colonial et l'Eglise Catholique
ont divisé deux
peuples qui avaient vécu en harmonie ensemble pendant des
siècles et des siècles. Cette division a été voulue
et programmée, à telle enseigne que dans ce pays
l'appartenance à l'ethnie, soit Hutu, soit Tutsi, était
mentionnée sur toute carte d'identité !
Seule sur le continent africain, l'Afrique du Sud a connu,
avec l'Apartheid, une aussi grave division raciale. Mais, au
Rwanda,
cette division fut établie entre gens de la même couleur
de peau et elle fut organisée par la politique politicienne
occidentale chrétienne et orchestrée par la stratégie
mondiale de l'Eglise catholique, elle-même aidée pour
ce faire, par ses agents, ses ramifications, ses services d'intelligence
secrète.
L'Eglise et la politique occidentale chrétienne sont toutes
deux complices dans le génocide perpétré au
Rwanda, toutes deux ont clairement préparé ce massacre
en incitant à la haine envers les Tutsis considérés
dans leur littérature divisionniste comme des "non-chrétiens",
comme des "communistes", comme des "anti-blancs",
des "intelligents rusés" refusant d'être
corvéables à merci, alors que le Hutu était
le "bon chrétien", "ami du blanc", "petit
nègre simple", "serf, "indigène", "docile", "travailleur".
Et dire, qu'il y a encore tellement de Tutsis qui demeurent
catholiques aujourd'hui, qui prient dans des Eglises catholiques
et chrétiennes.
Alors que ces mêmes églises furent choisis par les
genocidaires pour les y piéger en vue de les exterminer.
Un piège qui a fonctionné plusieurs fois, les Tutsis
y étant appelés et croyant qu'ils seraient en sécurité dans
ces lieux de culte s'y sont rendus, ils y furent entassés...
puis livrés à leurs génocidaires, comme ce
fut le cas en l'église Saint-Pierre de Kibuye où 4.000
Tutsis qui pensaient avoir trouvé là un refuge, ont été tués
sauvagement, ou aussi en l'église de Nyange où ils étaient
2.000 à se penser en sécurité et y furent
tous massacrés, et ce fut encore le cas en la cathédrale
de Nyundo !
Ceux qui disent que le génocide au Rwanda était
une affaire de noirs, une querelle ethnique de noirs entre eux,
me font tristement rire. C'est une explication bien trop simple,
il y a eu très nettement une vaste machination derrière
ce génocide, tout un plan existait, une orchestration minutieuse
venait de l'extérieur, avec, en arrière plan une
idéologie vraiment fort similaire à celle des nazis
d'Europe des années 30 et 40 qui, soit dit en passant, étaient
très bons chrétiens eux aussi. Ceux qui ont des yeux
et des oreilles peuvent facilement voir et ressentir derrière
tout ceci les actions d'une extrême droite chrétienne-catholique.
Et apparemment la main cachée de "l'Opus Dei" n'est
pas loin, quelque part, dans cette affaire.
Déjà en 1933 des Pères blancs viennent fonder
au Rwanda le journal catholique "Kinyamateka", qui va
répandre l'idéologie "Parmehutu" [extrémisme
Hutu] ; ce journal a été dirigé lors de la
période précédant le génocide par un
prêtre Rwandais, l'abbé André Sibomana.
Le père blanc italien Bérôme Carlisquia, dit
aussi Carlo Bellomi, a été accusé par de nombreux
témoins et les autorités rwandaises actuelles d'avoir été le
cerveau de la préparation et l'exécution du génocide
contre les Tutsis dans la région de Rusumo. Il prêchait,
selon de nombreux témoignages, la haine et la violence envers
les Tutsis, il fut régulièrement vu à différentes
barrières, fusil à la main, accompagné de
tueurs Hutus ! Il est réfugié aujourd'hui à Brescia
en Italie où il mène une vie tranquille.
Le père Johan Pristill, un ancien professeur allemand de
dogmatique du Grand Séminaire de Nyakibanda au Rwanda, va
traduire le "Mein Kamf" de Hitler en kinyarwanda, non
seulement pour le diffuser sur les ondes de sa radio comme dit
plus haut, mais aussi à l'attention des cadres extrémistes
hutus co-architectes du génocide, transformant au passage
l'œuvre maîtresse d'Hitler pour qu'elle ne vise plus
le "juif, mais le "Tutsi" cette fois !
A la fin du génocide, ce même Père Pristill
aurait été mandaté par des réseaux
proches de Caritas internationalis pour exfiltrer des prêtres,
des religieux et religieuses rwandais et rwandaises ayant participé au
génocide. Ainsi, les terres propices à l'accueil
d'ecclésiastiques responsables de participation, d'incitation
au génocide, sont l'Italie, la France, la Belgique et la
Suisse.
Il semblerait que pour faire ce qu'il a fait le Père Pristill
aurait collaboré étroitement avec le Père
dominicain canadien Yvon Romerlau, qui fut un proche de l'ancien
président Hutu Habyarimana ; ce Père canadien serait
aujourd'hui à Rome. Coïncidence ou non (?) le fait
est que la paroisse de Nyumba, celle du Père Pristill, fut
un des lieux les plus touchés par les massacres, après
le génocide on va y découvrir environ 30 000 cadavres...
De tout temps et partout dans le monde, la "propagande" et
la manipulation des esprits ont toujours été d'une
grande efficacité, tous les publicistes le savent... les
politiques et autres religieux aussi malheureusement !
Bien avant le génocide, au moment de sa préparation...
et c'est bien le cas de le dire, la fondation Adenauer en Allemagne,
qui participe activement à des projets appuyés par
l'Internationale démocrate-chrétienne, va financer
la station de radio RTLM (radio-télé des Mille Collines)
qui sera appelée après le génocide "radio
télé de la Mort". Effectivement tous les jours
et pendant des mois, cette radio a incité à tuer
des séries entières de personnes dont les noms et
adresses étaient journellement citées !
Or, au sein de cette fondation Conrad Adenauer siège un
certain Professeur, le Docteur Peter Molt, qui avait publié des
analyses présentant les Tutsis sous une lumière absolument
défavorable. Ses liens, au travers de la mouvance démocrate-chrétienne,
tissés au Rwanda iraient jusqu'à notre fameux Père
Pristill, déjà 2 fois cité plus haut.
Très certainement une des grandes figures missionnaires
de l'Eglise Catholique au Rwanda fut le prêtre blanc Gabriel
Maindron. Il a résidé au Rwanda plus de trente ans
! Il fut au Rwanda responsable de la paroisse Crête-Congo-Nil.
Il faut noter que dès que ce personnage est arrivé dans
cette région du Rwanda en 1985, tout y a changé,
plus rien n'était comme avant. Dès son arrivée
il a commencé à y créer la zizanie entre Hutus
et Tutsis.
Alors, que les deux ethnies y vivaient en harmonie jusque
là.
Pour réaliser sa mission le prêtre blanc Maindron,
s'est appuyé sur quatre prêtres Hutus extrémistes,
qu'il va très bien formé, à savoir, les abbés
:
Jean-Baptiste Ntamugabumwe ; Athanase Seromba ; Twagirayezu ; Balthazar
Habimana.
Cet abbé Maindron était, lui aussi, un proche du
Président Habyarimana. Ce n'est sûrement pas un hasard
si ce Père Maindron a pu être le seul européen
de sa région à rester là jusqu'à la
fin du génocide. Il était en permanence escorté par
des miliciens extrémistes Hutus qui furent ses garde-corps.
Maindron assistera maintes fois directement à des mises à mort
durant le génocide. Maindron était un grand ami du
lieutenant-colonel Chollet, un tout-puissant conseiller militaire
français du Président Habyarimana, des documents
prouvent que Maindron aurait fait du renseignement militaire dans
la préparation du génocide, et même pendant
le génocide ! D aurait participé à pratiquement
toutes les réunions politiques de l'extrémisme Hutu.
Des personnes rescapées du génocide témoignent à son
sujet de la sorte : « après les massacres dans l'église
de Kibuye, je vois, du haut de ma cache dans le clocher, le Père
Maindron et plusieurs personnes qui se dirigent vers l'église,
parmi celles-ci il y avait le bourgmestre et le préfet Kahishema,
le grand organisateur du génocide dans la région... ».
Peut-être pourrait-on penser - et même dire - que le
Père Maindron faisait partie d'un organisme organisateur
du génocide, et qu'il était en mission pour cela
au Rwanda ?
Une chose est sûre, c'est que l'Occident savait que le génocide
se préparait et l'Eglise aussi le savait, et ils n'ont rien
fait pour l'arrêter... ça c'est vraiment le minimum
le plus minime de ce qu'on est en droit de leurs reprocher!
De nombreux documents prouvent d'ailleurs les choses suivantes
:
-Les services secrets connaissaient les caches d'armes.
-Les autorités de l'ONU à New York avaient été alertées
avant le début du génocide.
-Des services secrets ont insisté sur la gravité de
la situation.
-Le travail des milices Hutus, des FAR (Forces Armées Rwandaises)
et leurs présidentiels escadrons de la mort, préparant
le génocide, était déjà bel et bien
analysé et communiqué par des services secrets occidentaux.
-Des services secrets occidentaux possédaient des listes
des responsables interhamwe génocidaires Hutus bien avant
le début du génocide.
-Les Pères blancs au Rwanda étaient informés
du programme "nazi" de la CDR, des Interhamwe Hutus,
et ceci trois semaines avant le génocide.
L'Archevêque de Kigali [la capitale du Rwanda], "Monseigneur" Vincent
Nsengiyumva, était membre du parti unique du régime
Hutu de Habyarimana, il fut escorté par la garde présidentielle,
il était un informateur-conseiller du Président et
de ses colonels les plus durs et les plus extrémistes, tel
que le colonel Elie Sagatwa et un document, retrouvé plus
tard dans la résidence présidentielle, démontre
que l'Archevêque jouait même les intermédiaires
pour des promotions d'officiers et qu'il faisait du renseignement
!
Vous les africains qui habitaient ou qui habitent ce qu'on
appelle la région des grands lacs, celle qui a été tellement
touchée par le génocide du Rwanda, si vous êtes
aujourd'hui encore catholiques ou chrétiens,
comment le pouvez-vous ?
Comment pouvez-vous, au nom de tous ceux et toutes celles
tué(e)s
durant ce génocide, avec la complicité de l'Eglise,
comment pouvez-vous rester dans cette Eglise responsable de vos
plus grands malheurs ?
Apostasiez pour rendre hommage aux morts, pour enlever
l'Afrique des griffes de cette équipe de voleurs, de menteurs, d'usurpateurs,
de tueurs, d'hypocrites en soutanes, et vous désolidariser
de leurs valets inconscients que sont les prêtres, cardinaux
et évêques noirs africains... leurs chiens domestiques,
bien apprivoisés, bien dressés, bien abrutis.
Africain, comment peux-tu encore être catholique, chrétien
? Comment le peux-tu ?
Je ne cesse de te reposer cette question ! Tu fais souffrir et
pleurer de douleur l'Afrique entière quand tu pries dans
les Eglises chrétiennes... il faudra bien un jour que
tu en prennes conscience et vite, s'il te plaît : que cessent
ces monstrueuses souffrances injustes et inutiles que la chrétienté fait
subir depuis si longtemps à ta famille humaine !
Je viens de m'adresser ici à chacun des "Africains",
mais sachez, vous qui êtes Tutsis, que j'ai pour vous une
pensée toute particulière. Pourquoi ai-je une pensée
particulière pour vous Tutsis ?
Parce que les humains oublient vite parfois ! Ce génocide
de 1994, au cours duquel environ 800 000 Tutsis ont perdu la vie
et sur lequel le monde maintenant commence à s'interroger,
ce n'était pas le premier génocide que les Tutsis
aient eu à subir, il avait été précédé de
ceux de 1959 et de 1963 ! Est-ce que l'Eglise était déjà là... était-elle
déjà "dans le coup" durant ces deux premiers
génocides ?
Eh oui, elle était déjà là pendant
ces deux "Saint-Barthélémy" du Rwanda,
qui ont été baptisés" la Toussaint-Rouge
de 1959" et "le Noël-Rouge de 1963" ! Pourquoi
? Eh bien, tout simplement parce que ces deux génocides
ont eu lieu - et ce n'est pas par hasard - le jour de ces deux
fêtes catholiques et/ou chrétiennes !
De tous temps les rois pasteurs rwandais, ces "Rois mages" du
Rwanda avaient assumé la direction d'institutions traditionnelles
parfaitement bien organisées où chacun trouvait sa
place et où tout fonctionnait à merveille, y compris
sur le plan religieux où les Imandwas (les Dieux venus du
ciel) étaient vénérés et surtout leur
chef, le Dieu suprême "Imana" (l'équivalent
de Yahvé). Seulement, peu avant ces années où les
deux premiers génocides allaient éclater, l'ONU décida
et proclama que le Rwanda devait baser son régime gouvernemental
sur des élections démocratiques "modernes" et
cela eut pour effet d'anéantir toutes les institutions traditionnelles
existantes et de faire éclater le royaume. C'était
inévitable, puisque dans ce genre d'élections seul
compte le nombre, or les Tutsis (les monarques Hamites) ne constituaient
que 15 % de la population au Rwanda, les Bantous (les Hutus) constituant
les 85 % restant !
L'Eglise, à ce moment-là, a très vite compris
que pour asseoir son pouvoir au Rwanda, il fallait qu'elle ait
la masse Hutu (85 %) de son côté. Dès lors,
elle va systématiquement fanatiser les masses Hutus au moyen
des écoles chrétiennes catholiques et des séminaires
catholiques ; elle multipliera également, au sein d'organisations
d'activités catholiques, la formation d'abbés et
séminaristes Hutus et leurs inculquera à tous la
haine envers l'ensemble des Tutsis... après quoi ce sera
forcément facile pour l'Eglise de déclencher chacun
de ces génocides à ces deux dates précises
: la Toussaint en 1959 et Noël en 1963, car, lors de ces deux "jours
rouges" la foule était bien présente et suffisamment "conditionnée" !
Voilà, quel est le vrai visage de l'Eglise : tout pour le
pouvoir. .. même au prix d'un bain de sang à la Noël
s'il le faut !
Une fois perpétré le premier génocide, celui
de 1959, il faudra attendre jusqu'en octobre 1960 pour que l'on
reconnaisse l'essentielle responsabilité des assemblées
religieuses populaires dans le déclenchement de ce massacre
! Et cela n'empêchera pas le prochain génocide, en
1963 ni la fuite, après les élections qui suivirent,
des chefs Tutsis qui se réfugièrent hors des frontières
rwandaises (par exemple en Ouganda). Enfin, en 1994 l'Eglise recommencera
une nouvelle et troisième fois sous le regard stupéfait
de toute la communauté internationale... laquelle res tera
cependant muette, et le reste encore aujourd'hui au moins en ce
qui concerne un point essentiel : la responsabilité indéniable
de la Chrétienté, de l'Eglise catholique / chrétienne
dans ces 3 horribles massacres !
Tutsi "chrétien", c'est à toi tout seul
cette fois-ci que je m'adresse : comment est-ce possible que tu
puisses demeurer chrétien ? Apostasie et retrouve "Imana" et
les "Imandwas" dans tes prières.
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